30.09.2007

Rendez-vous littéraires en octobre

Après la Bibliothèque idéale, les Conversations à la Salle blanche organisées par la librairie Kléber reprennent le 1er octobre. programme

 

6310764ce7c0d56eca6506f3c7397e58.jpgEgalement en octobre, le TNS prévoit des rencontres célébrants René Char puis Aragon. L'"Hommage à René Char" est organisé dans le cadre de "Lire en fête" qui propose deux après-midi poétiques. Tout d'abord le 20 octobre de 16h30 à 19h à la librairie Kléber, on pourra assister à des lectures de poèmes ainsi que des témoignages de personnes qui l'ont connu. Puis le 21 octobre de 16 à 19h à l'auditorium du Musée d'Art moderne et Contemporain de Strasbourg s'effectueront des lectures de poèmes par Ludmilla Mikaël suivies de la projection du film René Char, nom de guerre Alexandre de Jérôme Prieur.

Concernant Aragon, la soirée donnera l'occasion d'écouter quelques uns de ses poèmes lus par Claude Duparfait et Hélène Schwaller le 22 octobre à 20 h salle Hubert Ginoux au TNS.

21.09.2007

2ème édition de la "Bibliothèque Idéale"

54d97fad557f937f5918507173dc8c2f.jpgHier soir à 19h s'ouvrait la Bibliothèque Idéale sous un chapiteau sur la Place du château. La soirée inaugurale s'est introduite avec la présence de Bernard Pivot interviewé par Jean-Claude Simoën. Ce jeudi 20 septembre, nous avons regardé en arrière pour revenir sur les entretiens de Bernard Pivot pour Apostrophes avec de grands auteurs du XXème siècle. On peut citer parmi eux Albert Cohen, Vladimir Nabokov, George Simenon, René Etiemble, Marguerite Duras et tant d'autres encore.
 
Cette deuxième édition de la Bibliothèque Idéale ne fait que commencer et se poursuit jusqu'au 30 septembre rassemblant plus d'une cinquantaine d'auteurs différents.
Cette manifestation, en partenariat avec l'INA, Vidéo les Beaux Jours et la Maison de l'image de Strasbourg, propose également des "Portraits filmés d'écrivains" comme Franz Kafka, Henri Michaux, Marcel Proust ou Guillaume Apollinaire. 
 
Pour plus de détails sur cette Bibliothèque Idéale, consultez son programme.
 

10.06.2007

Patrice Chérau

Patrice Chérau, né en 1944, metteur en scène français a été reconnu par "la puissance visionnaire des images et l'engagement des acteurs". C'est lui qui est à l'origine de la découverte de Bernard-Marie Koltès et à la relecture de Marivaux. Dans ses premiers travaux on reconnaît une influence de Bertolt Brecht "dans la manière de traiter le plateau, d'explorer la matière, de disposer les objets" mais il n'adopte ni le même discours ni la même vocation. Il promeut le théâtre comme art et met en valeur le théâtre italien qui a son époque n'était que peu exploité.

Puis il découvre l'opéra qu'il tente de rapprocher le plus près possible du théâtre. Il signera entre autres Le Ring. Ensuite il s'attache à l'écriture cinématographique qui connait pourtant beaucoup moins de succès.

Il est spécialement connu pour avoir mis en scène quatre pièces de Bernard-Marie Koltès qu'il apprécie spécialement car pour lui B-M Koltès représente l'écriture contemporaine: Combat de nègres et de chiens (1983), Quai Ouest (1986), Dans la solitude des champs de coton (1987) et Le retour au désert (1988). Grâce à ses relations avec B-M Koltès, ils ont pu ensemble réaliser des oeuvres ce qu'il considère comme un "modèle idéal".

Il met également en scène des oeuvres de Genet avec Les paravents (1983) de Heiner Müller (Quartett) et de Tchekhov (Planatov). On observe chez Patrice Chérau "un affrontement constant entre la reconnnaissance des pouvoirs de la scène comme boîte imaginaire et l'exaspération du jeu en quête d'authenticité, don du corps."

Aujourd'hui artiste indépendant, il se consacre plus particulièrement au cinéma dont on retiendra l'Homme blessé ainsi que La reine Margot tourné en 1994.

 

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source: article de G. Banu dans Dictionnaire encyclopédique du théâtre de Michel Cavin, éd. Bordas, p. 179)

07.06.2007

Jean d'Ormesson à la librairie Kléber

f64494562bd021739033706476438a83.jpg"Né d'un père ambassadeur du Front populaire et ami de Léon Blum, Jean d'Ormesson se voit dispenser une éducation privilégiée, dans le respect des valeurs traditionnelles. Evoluant dans un cadre libéral, il entame un parcours sans entrave. Elève brillant, il accumule très vite les diplômes : agrégé et diplômé d'études supérieures de philosophie, normalien... Cet érudit ne s'arrêtera pas là. Jean Lefèvre, comte d'Ormesson, embrasse une carrière de haut fonctionnaire devenant président du conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'Unesco. Il s'essaie également à l'écriture : L'Amour est un plaisir, Du côté de chez Jean. Ses oeuvres dénotent insouciance et joie de vivre. Mais c'est en 1971 que débute réellement sa carrière littéraire, avec la parution de La Gloire de l'Empire, Grand Prix du roman de l'Académie française. Académicien, il ne néglige pas pour autant son statut de directeur au journal Le Figaro. Aspirant à un monde 'traditionnellement moderne', il insuffle à ses écrits un peu de lui et ce n'est pas pour déplaire ! Mais, il ne fait pas que parler de lui-même et transmet à la nouvelle génération des réflexions philosophiques comme Le Rapport Gabriel ou encore Presque rien sur presque tout. En 2003, C'était bien raconte la vie de l'auteur et anticipe même sa mort. Avec Une fête en larme en 2005, il tente l'originalité et, toujours en se mettant en scène, il se met à raconter son roman idéal à un journaliste. Enfin en 2006, il se laisse aller et publie La Création du monde, roman d'un nouveau genre pour lui et très attendu par la critique littéraire. En 2007, Jean d'Ormesson sort un nouveau livre, Odeur du temps." (Evène)

La librairie Kléber a invité Jean d'Ormesson à Strasbourg à l'occasion de la parution d'un recueil de chronique Odeur du temps publié aux Editions Héloïse d'Ormesson en présence de Laurent Hussert et Hervé Levy (journalistes).

La rencontre a commencé par une très brève présentation de l'auteur puis les questions ont tout de suite enchaînées. Jean d'Ormesson rattachait chaque question posée à un souvenir ou une anecdote et s'exprimait avec aisance et humour. Le public a fait le tour de la famille et a pu écouter toutes sortes d'histoires concernant sa mère sur laquelle il voulait écrire après sa mort malgré les critiques de son entourage, sur son père, son frère qui serait "un cancre parfait" mais qui tout de même est rentré à l'ENA. Il aurait du sortir premier mais sa copie bien que excellente comportait tellement de fautes d'orthographe que les professeurs devaient la lire à voix haute pour la comprendre. A cause de ce défaut, il a obtenu la seconde place. Il nous proposa une citation de sa fille qui selon une personne du public définissait clairement la différence entre le journaliste et l'écrivain : lorsque J. d'Ormesson écrit très vite, il en sort un article de journal, quand il n'écrit rien cela donne souvent un roman. Malgré ces petites histoires, anecdotes, il est très dommage que J. d'Ormesson n'ait pas plus parlé de lui en tant qu'auteur et non en tant que personne. Les journalistes tentaient à chaque nouvelle question de l'aiguiller vers le livre nouvellement paru sans toujours beaucoup de succès.

A la fin de l'entretien, nous en savions plus sur sa famille et ses petites histoires parfois inédites que sur son parcours "d'homme de lettre" (même s'il ne se considère pas comme un), de directeur du Figaro, du romancier. Dommage...

03.06.2007

Rencontres littéraires en juin 2007

Trois lieux sont particulièrement intéressant pour effectuer des rencontres littéraires, on citera:

  • La BNU (Bibliothèque Nationale Universitaire)
  • La Librairie Kléber
  • La BMS (Bibliothèque Municipale de Strasbourg)

Tous proposent des rencontres avec des auteurs ou des personnalités, des expositions, projections et autres activités.

La BNU propose pour l'instant une exposition L'Avenir est notre affaire.


La librairie Kléber continue les très intéressantes Conversations de la Salle Blanche. Je vous conseille de passer la porte pour écouter cette personne ou une conversation sur elle:

  • Jean d'Ormesson (mercredi 6 juin à 17h30)
  • Pierre Bergougnioux et Michel Gribinski (vendredi 8 juin à 17h30)
  • Franz-Olivier Giesbert (lundi 11 juin à 17h30)
  • Stéphane Braunschweig (mercredi 13 juin à 17h30)
  • Frédéric Beigbeder (vendredi 15 juin à 17h30)
  • Douglas Kennedy (mardi 19 juin à 17h30)
  • Jean-Marie Colombani (jeudi 21 juin)
La BMS invite aussi les strasbourgeois à consulter son programme du mois de juin centré sur la musique grâce à la fête de la musique.

01.06.2007

"Dans la solitude des champs de coton" de Bernard-Marie Koltès

 

« Koltès nous plonge dans un monde allégorique, où rien n’est plus filtré, où la température des saisons n’est plus corrigée, oùd56abdf0562099e64a14a27c9aa66a4f.jpg même la lumière du soleil n’est plus fiable. Il va distiller pour nous les plus anciens secrets de l’âme humaine, ces violents états qui nous bouleversent, nous désordonnent, qui font de nous même des exilés, des affolés, des obsédés, ce sont nos désirs les plus enfouis qui peuvent blesser notre dignité et qu’il conviendrait de dire comme on les dirait à un arbre ou face au mur d’une prison ou dans la solitude d’un champ de coton dans lequel on se promènerait, nu, la nuit en espérant brider leur impensable déchaînement.
Dans la solitude des champs de coton jamais de résurrection. Voilà la cause de la dimension tragique de cette pièce. Le sang une fois versé ne remonte pas dans les veines. Pas de retour en arrière. Jamais.
2b45980492c93712bb92b131a920b43a.jpgAu bout du compte, c’est l’histoire du désir qu’on gratte comme une croûte pour faire couler le sang à nos pieds et que l’on s’attarde à regarder avant de comprendre : il est trop tard pour en combler l’abîme.
Et puisque dans le vacarme de cette nuit rien n’a été dit que Le Client n'eut désiré du dealer, et puisque dans l’obscurité si profonde qu’elle demande trop de temps pour qu’on s’y habitue rien n'a été proposé par Le Dealer que Le Client n’aurait pas deviné.
Il ne reste que le désir de mourir. »

Jean-Christophe Saïs

 

f374274c6071bb62046315d6c62dba07.jpgDans la solitude des champs de coton est une des plus belles pièces écrites au XXe siècle, un chef d'oeuvre. Koltès dit à son sujet dans le prologue des Edition de minuit  en 1991 " Si un chien rencontre un chat.…- par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu’il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu’ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser - ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face - non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l’on se voit de loin, où l’on s’entend marcher, un lieu qui interdit l’indifférence, ou le détour, ou la fuite - ; lorsqu’ils s’arrêtent l’un en face de l’autre, il n’existe rien d’autre entre eux que de l’hostilité, qui n’est pas un sentiment, mais un acte, un acte d’ennemis, un acte de guerre sans motif.
Les vrais ennemis le sont de nature, et ils se reconnaissent comme les bêtes se reconnaissent à l’odeur. Il n’y a pas de raison à ce que le chat hérisse le poil et crache devant un chien inconnu, ni à ce que le chien montre les dents et grogne. Si c’était de la haine, il faudrait qu’il y ait eu quelque chose avant, la trahison de l’un, la perfidie de l’autre, un sale coup quelque part ; mais il n’y a pas de passé commun entre les chiens et les chats, pas de sale coup, pas de souvenir, rien que du désert et du froid. On peut être irréconciliables sans qu’il y ait eu de brouille ; on peut tuer sans raison ; l’hostilité est déraisonnable.
Le premier acte de l’hostilité, juste avant le coup, c’est la diplomatie, qui est le commerce du temps. Elle joue l’amour en l’absence de l’amour, le désir par répulsion. Mais c’est comme une forêt en flammes traversée par une rivière : l’eau et le feu se lèchent, mais l’eau est condamnée à noyer le feu, et le feu forcé de volatiliser l’eau. L’échange des mots ne sert qu’à gagner du temps avant l’échange des coups, parce que personne n’aime recevoir de coups et tout le monde aime gagner du temps. Selon la raison, il est des espèces qui ne devraient jamais, dans la solitude, se trouver face à face. Mais notre territoire est trop petit, les hommes trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu’il y ait encore de la place pour la raison."

 

474bae12c517dedf30d95667626330e0.jpgLe net fournit d'ailleurs sur cette pièce de bons documents. L'aspect philosophique de cette pièce lui a permis d'être étudiée dans un cours de philosophie

Patrice Chérau, ami et metteur en scène de B-M Koltès commente la pièce dans un entretien.

Un très bel article sur Dans la solitude des champs de coton.