19.04.2008

"My Blueberry Night" de Wong Kar-Wai

575150237.jpgMy Blueberry Night dernier film de Wong Kar-Wai après 2046 et In the Mood for love, mais premier film américain. Le spectateur suit les cavalcades d'une jeune femme, Elizabeth (Norah Jones). Celle-ci atterrit après une déception amoureuse dans un café où elle se confie au serveur, Jeremy (Jude Law). L'héroïne finit par partir pour travailler comme serveuse dans un fast-food et un bar. Elle y rencontre de nombreux personnages souvent haut en couleurs comme un couple séparé (Rachel Weisz et David Stratmairn) dont le mari n'accepte pas la rupture et noie son chagrin dans l'alcool. Elizabteh croise également la route d'une joueuse de poker (Natalie Portman) qui lui soutire de l'argent pour pouvoir continuer à jouer. A la fin, notre protagoniste finit tout de même par revenir vers celui qu'elle n'a pas oublié sans pourtant jamais s'avouer en être amoureuse, Jeremy.
 
L'histoire très banale aurait pu ennuyer le spectateur, pourtant ce ne fut pas le cas. On est vite subjugué par la beauté des images ainsi que le jeu des acteurs entourant Norah Jones. 
674709923.jpgOn retrouve le mélange des couleurs chaudes et froides, les couleurs complémentaires auquel on était déjà habitué dans ses films précédents qui rend chaque lieu commun poétique. On aurait envie de demander du temps supplémentaire, des images au ralenti pour mieux apprécier cette poésie visuelle. Tout semble prévu et organisé minutieusement pour ne rien perdre de ce que chaque endroit peut offrir. On apprend à s'attacher à l'image d'une autoroute, l'intérieur d'un café, le métro passant sur les rails. Tout paraît extraordinaire et les pupilles goûtent avec plaisir ce tableau qu'on leur sert.
1709728333.jpgTous les personnages croisés sur la route par Elizabeth rayonnent par un jeu très fin. On découvre Rachel Weisz et Natalie Portman dans des rôles qu'on ne leur connaissait pas et qu'elles interprêtent de manière brillante, ainsi que Jude Law en barman tout à fait convaincant. On s'attache à chacun d'eux le court instant où l'on partage un moment de leur vie. Ce sont, tels des courants d'air, des personnes qui viennent et partent sans prévenir, souvent trop tôt.
La dernière scène, le baiser entre Jeremy et Elisabeth, semble ne pas convenir et se rabaisse malheureusemnet au niveau du cliché.

Malgré quelques critiques, ce film est d'une grande qualité et mérite d'être vu spécialement pour ceux et celles qui s'attachent au style de Wong Kar-Wai, mais aussi pour tous les autres !
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18.02.2008

"Requiem pour un massacre" d'Elem Klimov

2f5de76d3430fdb7c53ceaf441822f14.jpgRequiem pour un massacre d’Elem Klimov est fréquemment considéré comme « le meilleur film de guerre jamais réalisé » (JG Ballard). Le titre accrocheur est une traduction erronée du titre original beaucoup plus significatif Иди и смотри (Va et regarde). Il emporte le spectateur à travers le regard d’un garçon de 15 ans qui s’engage chez les partisans malgré l’opposition farouche de sa mère. Lorsqu’il revient dans son village pour prendre des nouvelles de sa famille, il n’y retrouve que les corps des villageois et commence à perdre la raison. En errant sur les routes de la Biélorussie, il assiste au massacre d’un autre village par les troupes nazies et fait partie des rares survivants de l’apocalypse.

1f27c337bccddafebad24691e91b919c.jpgCe film peut pour certains spectateurs ne pas parraître attrayant à cause de sa date de réalisation pas très récente, 1985, et par la langue, le russe pourtant ces barrières ne peuvent pas être considérées comme telles. Ce film n’est pas encore un autre film sur la guerre, c’est « la guerre elle-même » (Evene). Il dépasse toutes les scènes sanguinolentes vues et revues qui n’émeuvent aujourd’hui plus personne. Ce film est dénué de tous les codes hollywoodiens. On ne retrouve dans ce film aucun but précis en dehors de celui de dénoncer les atrocités de la guerre. On observe le protagoniste errer dans le chaos fixé sur sa survie rendu momentanément sourd par les éclats d’obus et statique ne réagissant plus à rien avec une continuelle expression de terreur.

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Les critiques de cinéma font souvent référence à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour des raisons diverses. Il me semble qu'il y a un point commun marquant entre ces deux films même si leur réalisation est très différente. Le personnage principal assiste dans les deux cas en tant qu'acteur impuissant à la descente en enfer et la folie humaine provoquée par la guerre. Les deux films laissent l'impression marquante et incroyablment réelle que la guerre met en place l'enfer sur Terre. Ce sentiment se retouve dans le film de Coppola particulierement bien à travers la scène du pont où plus aucun soldat n'obéit aux ordres d'un chef; il n'en existe plus et tout n'est plus qu'une question de survie et de massacre.

 

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Voici un site fournissant une critique intéressante et détaillée sur Requiem pour un massacre.

 

16.10.2007

13ème édition de l'Etrange Festival de Strasbourg


5c21a5d49c9fc85e74acdff1b8dfd85e.jpgDu 24 au 28 octobre, l'on peut visionner des films dans le cadre de la 13ème édition de l'Étrange Festival Strasbourg à l'initiative du Mad Ciné Club. Cette manifestation a pour but de faire découvrir des oeuvres inédites ou encore méconnues en France.

5bd9a4025a2e8a149aee37599422fe06.jpgCe festival se composera d'avant-premières, de découvertes ou redécouvertes, de rencontres, de projections de court-métrages venant de différents pays du monde.

16e7052fc1e6b48c175b458c99a1339c.jpgPour la première fois le public pourra remettre un prix, celui de l'Etrange prix du public.

Pour des informations concernant les films projetés, consultez le site du Cinéma de l'Odyssée.

Tarif unique : 5,50 euros

Festival Tourné Monté

7994aea12d020b95610c9b094dd607d3.jpgLe dimanche 21 et le lundi 22 octobre se déroulera la 7ème édition du Festival Tourné Monté Super 8. Des réalisateurs amateurs ou confirmés créent un film de 3 minutes en Super 8 et envoient la pellicule non développée au laboratoire. Le public comme les réalisateurs découvrent les films envoyés pour la première fois. Ensuite le public vote pour son film préféré.

e8c21728e9662227ed65bde9d3f8f72a.jpgCe festival se déroulera au Palais des Fêtes de Strasbourg.

Parmi beaucoup d'autres, voici un film de la précédente édition ayant gagné le prix du public nommé "La surprise partie"

 

30.09.2007

Atelier d'analyse filmique - Stanley Kubrick (du 13 au 14 octobre 2007)

L'agence culturelle d'Alasace, Vidéo Les Beaux Jours ainsi que le Musée d'Art moderne et contemporain organisent un atelier d'analyse filmique animé par Michel Ciment concernant Stanley Kubrick. Celui-ci se déroule du samedi 13 au dimanche 14 octobre au Musée d'Art moderne et Contemporain de Strasbourg. Durant l'atelier ponctué d'interventions, cinq films seront projetés:

  • Les sentiers de la gloire
  • Docteur Folamour
  • 2001: L'Odyssée  de l'espace
  • Shinning
  • Eyes Wide Shut
Pour connnaître les autres activitées proposées par Vidéo Les Beaux Jours consultez leur programme.

27.06.2007

Les nuits en or du court-métrage

Les Césars présentent Les nuit en or du court-métrage du 31 mai au 12 juillet. 10 courts-métrages primés par les plus prestigieuses récompenses seront diffusés dans 21 villes de France dont Strasbourg le 9 juillet à 20h à l'UGC (25 route du Rhin 67100 Strasbourg).

La séance est d'une durée totale de 158 minutes avec une entracte de 10 minutes. On trouvera les films suivants:

  • Fais de beaux de rêves de Maryline Canto (23') - France
  • The danish poet de Torill Kove (15') - Norvège
  • Do not erase de Asitha Ameresekere (29') - Royaume-Uni
  • Alena menn sammen de Trond Fausa Aurvag (15') - Norvège
  • Before dawn de Balint Kenyeres (13') - Hongrie
  • Nature's way de jane Shearer (10') - Nouvelle-Zélande
  • Horn ok please de Joel Simon (9') - Irlande
  • Fair Trade de Michael Dreher (15') - Allemagne
  • Meander de Joke Liberge (14') - Pays-Bas
  • Aldrig som första gangen de Jonas Odell (15') - Suède

8ème Rendez-vous franco-allemand du film court

Hier, le mardi 26 juin, des courts-métrages sélectionnés à partir du festival de Clermont-Ferrand ont été rediffusés au Musée d'art moderne et contemporain à Strasbourg. Ces courts-métrages ont été montrés dans le cadre du 8ème rendez-vous franco-allemand du film court qui se déroule du 20 au 29 juin 2007 à Strasbourg et à Ludwigsburg.

La sélection de courts-métrages allemands se composait de dix films.
Ce film d'animation en trois dimensions, se sert d'animaux pour exprimer des scènes courantes de la vie de tous les jours pour des co-locataires. En dehors de l'animation très bien faite avec des couleurs pastel, ce court-métrage ne présente que peu d'intérêt.
  • Security (Sécurité) de Lars Henning (14')
Becker, un agent de surveillance de grande surface surveille une jeune femme en train de voler pourtant il la relâche après qu'elle lui ait rendu l'article. Le lendemain se déroule la même scène mais cette fois-ci, la femme lui avoue quelle est sa supérieure. Ce film incite t-il les personnes à respecter les règles au mot près? Ce serait dommage car certaines situations ne s'y prêtent pas et heureusement les humains ne deviennent pas tous des robots.   De très belles images souvent divisées par des couleurs complémentaires rehaussent le niveau de ce film ennuyeux dont le thème a été utilisé maintes fois. Chaque personne a un secret mais finalement personne n'est arrivé à l'avouer.
  • 458NM de Tom Weber (6'30)
Voici un rendez-vous présenté d'une façon inhabituelle: des escargots électronique s'embrassent au clair de la lune mangés ensuite par un reptile. Cette scène pourtant joyeuse puis triste ne fait qu'inciter la peur à cause des multiples zooms sur le corps des escargots et de la surprise finale qui ne permet pas d'apprécier le film.
  • Motodrom de Jörg Wagner (9')
Ce documentaire expérimental en noir et blanc montre "les Anges de la mort sur leur piste de bois" tourner, tourner, tourner jusqu'à ce que le spectateur s'en lasse malgré les cascades et le danger.
  • Der Aufreisser (Le dragueur) de Steffen Weinert (13')
Ce film divertissant n'apporte pourtant rien d'autre qu'une petite leçon de morale, pas très originale, au "dragueur" qui finit par être pris dans son propre piège. Sympathique mais sans plus.   Ce court-métrage incite d'une manière peu commune à un nouveau départ dans des relations amoureuses. Le thème est tout sauf novateur mais la manière de le présenter vaut le visionnement. Fair trade que je considère comme le meilleur film de cette sélection raconte l'histoire d'une vente d'enfants marocains à des européens par le détroit de Gibraltar. Les photos retravaillées devenues clean permettent de voir la beauté à chaque endroit malgré une pauvreté et un malheur souvent omniprésent.
  • Whirr de Timo Katz (2'20)
Cette animation de caractère expérimental présente la recherche de l'originalité de tout un chacun dans la très grande globalisation. On aperçoit une succession de centaines d'images de maisons à l'architecture parfaitement identique  mais pourtant aménagée de manière différente.
  • Wigald de Timon Modersohn (11')
Wigald, selon un choix regrettable, a été présenté en dernier. Wigald est un jeune homme qui tente de toutes les manières possibles de se suicider. La présentation grossière devient comique ce qui est dommage lorsqu'on aborde un sujet si grave qui mérite d'être pris au sérieux.

Voici les prochaines manifestations de cette 8ème édition du rendez-vous franco-allemand du film court:
  • Le Rendez-vous franco-allemand (28 juin à 18h au Kino Caligari à Ludwigsburg)
  • Séminaire (29 juin de 9h30 à 17h au siège d'Arte à Strasbourg) malheureusement uniquement accessible aux professionels, enseignants et étudiants en cinéma
  • Le rendez-vous franco-allemand (28 juin à 20 h au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg)

14.06.2007

"Mon nom est Tsotsi" de Gavin Hood

260746d2d4328d9648de317118566c49.jpgOscar du meilleur film étranger en 2005, Mon nom est Tsotsi a été réalisé par Gavin Hood.

Dans un bidonville en dehors de Johannesbourg en Afrique du Sud vit un jeune homme de 19 ans nommé Tsotsi, "voyou", "ganster" dans le jargon des guettos. Il renie tout son passé jusqu'à son nom. Il ne vit que dans le présent sans regarder ni derrière, ni devant.

La situation est vite posée puisque le film s'ouvre par un jeu de dés dans un décor macabre, poisseux et pauvre. Puis s'enchaîne un vol et un assassinat dans une rame de métro. Ensuite, on aperçoit Tsotsi frapper un homme de son propre groupe et rendra ce dernier borgne. Tous ces actes nous permettent de comprendre la violence de ce personnage et le désarrois dans lequel il se trouve face au bébé découvert dans une voiture qu'il a volé à une femme dans un quartier aisé. Le Tsotsi voyou se transforme pour laisser place à un tout autre personnage que l'on ne se serait jamais attendu à découvrir. On l'observe se transformer pour prendre soin de l'enfant, s'y attacher et devenir une sorte de père auquel on retire une partie de soi-même en lui enlevant l'enfant.

ae8b889c54ec56df3dd76ccb68ac995f.jpgCe film, dont le public attendait tant à sa sortie, narre avec trop de simplicité l'histoire d'un voyou qui quitte le monde de la violence, des gangs pour se transformer en figure paternelle. Une scène particulièrement touchante donne à Tsotsi le goût de la vie, lorsqu'un clochard infirme lui explique que malgré sa vie déshonnorante il souhaite vivre pour pouvoir "sentir le soleil sur sa peau". A la fin, on découvre un Tsotsi qui accepte et sa personne et son passé. C'est la naissance d'une conscience et d'une humanité trop longtemps ensevelie. Mon nom est Tsotsi est intéressant pour la performance impressionante du jeune Presley Chweneyagae, comédien, qui tourne son premier film. Il est ensuite essentiel de parler de ce film d'un côté visuel puisque c'est le seul à la hauteur des espérances. Les images se transforment en de somptueux tableaux à la composition magique. Les décors imprégnés de couleurs chaudes (jaunes, oranges et brunes) permettent de dégager de cette extrême pauvreté une beauté particulière. Les images de ce film sont des perles à ne pas manquer même si le scénario est tout ce qu'il y a de peu original et plat. L'histoire est à un tel point prévisible en particulier la fin que l'on sort de la salle déçu(e) par ce film surestimé.b085f711cff6aa68d469659878a6d7d4.jpg

bande-annonce  

fiche imdb

12.06.2007

"Bent" de Sean Mathias avec Clive Owen

b45855abfbe9981482ced1167a3e2d85.jpgCe film a été réalisé en 1997 par Sean Mathias, célèbre metteur en scène de théâtre. On y retrouve Clive Owen, Lothaire Blutheau, Ian McKellen, Brian Webber, Mick Jagger. Voici la bande-annonce (VO).

Max, homosexuel, essaye de fuir Berlin pendant la période nazie mais est rattrapé par la Gestapo puis envoyé dans un camp à Dachau.

Ce film peut aisément se diviser en deux parties:

  • La première indique la vie décadente de Berlin, ville nocturne et festive "culturellement et intellectuellement développée", peuplée de personnes illustres. Le commencement s'ouvre avec une sorte de "folie colorée" mise en avant par la présence d'une diva travestie (Mick Jaeger). Cette scène tout à fait banalisée est présentée "dans un lieu de ruies, à ciel ouvert, comme dans des arènes de théâtre". On voit Max (Clive Owen) séduire une quantité d'homme qui l'entoure. Puis tout s'arrête lorsque le dernier homme avait qui il a été, est arrêté par la Gestapo. Commence alors l'enfer de la peur. Il a encore l'espoir de pouvoir partir de Berlin et échapper au régime nazi en dehors de l'Allemagne mais tout près de la frontière on le rattrape.
  • 81ad2bd9d750ed48d9b7a33723184eee.jpgLa deuxième partie commence avec le trajet dans le train l'ammenant à Dachau qui effectue une transition entre les deux mondes. Un monde où pour survivre il envisage même de battre à coup de matraque son ami Rudy (Brian Webber). Un autre prisonnier du train, Horst (Lothaire Blutheau), préviendra Max du comportement à adopter pour avoir une chance de sortir vivant du train avec qui, malgré les réticences de Horst au départ, il se liera d'amitié puis tombera amoureux. La deuxième partie est essentiellement symbolique. Max et Horst déplacerons des pierres d'un côté à l'autre à longueur de journée sans que leur travail n'ait aucune utilité. "It is suppose to drive us mad" (C'est pour nous rendre fou) répond Max lorsque Horst cherche le sens du travail qu'il doit effectuer. Ces aller-retours peuvent sembler pour certains répétitifs mais il me semble qu'ils illustrent très bien la monotonie, le temps qui s'étire indéfiniment sans savoir quand cette vie s'arrête. Puis peu à peu durant les pauses garde-à-vous de trois minutes, Max et Horst ont trouvé un moyen de chercher l'humain en eux, ils font l'amour sans se toucher. Ces scènes sont très émouvantes et mettent en valeur la force des mots et la volonté de vivre. A la fin de la première fois, Max dit "We did it! We are human!" (Nous l'avons fait! Nous sommes humains!).

846826f04ff33c5bacb27511b39ac391.jpgA la fin du film, Horst est assassiné sous les yeux des Max. La Gestapo avait demandé à Horst de lancer son chapeau sur la grille de barbelé électrique puis de le récupérer. Horst à refusé, s'est jeté sur un gardien puis a été fusillé. Les gardiens ont ensuite demandé à Max de se débarasser de son coprs et de continuer son travail. Lors des allers et retours de Max portant les pierres, la caméra montre le chapeau et de ce fait en même temps les pensées de Max qui finit par s'électrocuter dans les habits de son ami qui avait un triangle rose, symbole pour l'homosexualité. Max n'avait jamais voulu être "étiqueté" comme queer (homosexuel) dans le camp et a fait pour cela un deal avec la Gestapo pour obtenir une étoile jaune. Il avoue à la fin son homosexualité et n'en a plus honte. Lors de son dernier monologue où il reconnaît avoir aimé Horst et Rudy, le danseur, il formule cette question: "What's wrong about that?" (Quel est le problème?).

Sean Mathias se penche avec ce film sur un aspect peu connu de l'historie, la traque des homosexuels4a630f9e230b15714f9c0045736e63ca.jpg pendant la période nazie qui ont subit le même sort que les juifs mais qui est toujours mal reconnu aujourd'hui. Le parcours de Sean Mathias comme metteur en scène de théâtre se retrouve dans ce film avec des décors qui relèvent plus du théâtre que du cinéma. Pendant les passages avec les pierres, le décor représente quelque chose d'indéfinis, de perdu et surtout une sorte d'immensité face à l'impuissance de l'homme qui semble minuscule et qui ne peut se résoudre qu'à se soumettre à une domination qui semble plus qu'humaine.

fiche de l'imdb

06.06.2007

"Paranoid Park" de Gus Van Sant

c89f4d24559aab41104d8e93a010c6ec.jpg"Certains ont pu dire de Gus Van Sant, à la sortie en 2002 de Gerry, qu’il s’était perdu. Ceux-là trouveront sans doute aujourd’hui que GVS s’est retrouvé, tant les réminiscences de ses précédents films abondent dans Paranoid Park. Cette histoire d’un jeune skater tuant accidentellement à Portland un agent de sécurité rappelle aussi bien le fait divers d’Éléphant, le road movie fauché de Mala Noche, que les expérimentations de Psychose sur le cadavre d’Hitchcock auxquelles participait déjà le chef opérateur Chris Doyle." (Anthoine Thirion, Cahier du cinéma, mai  2007, p. 17)

"Toute l'intelligence et la sensibilité de Gus Van Sant 29f5917e907448b4cb2cf91c3df5acd8.jpgconsistent à faire de même avec le film, qui est construit comme une toile d'araignée autour de l'infigurable horreur de cet événement. Paranoid Park prend ainsi la forme d'un récit très hétérogène, à la fois déconstruit et vibratile, léger comme une bulle et lourd comme du plomb, vaporeux comme le fantasme et solide comme un corps dont on voudrait en vain s'échapper. Une enquête menée par un policier massif au lycée y voisine avec les acrobaties aériennes des jeunes skateboarders, filmées en super-8 et parfois au ralenti, de même que le silence dans lequel s'emmure toujours plus profondément Alex trouve son contrepoint dans la très riche bande sonore du film, bande à proprement parler mentale et composée notamment d'un nappage musical d'une grande richesse expressive." ( Jacques Mandelbaum, Le monde, 23.05.07)

"Fidèle à son style, Gus Van Sant filme ses personnages en installant une distance avec le réel qui invite le spectateur à s’approcher au plus près du mystère qui les accompagne, à s’interroger sur la nature et les origines d’une cruelle absence de désirs, sur le processus d’un enfermement. D’une brisure irrémédiable." (Arnauld Schwartz, La Croix)

2311175204e7d4e362a01c0fb910e55b.jpgCe dernier film prouve que GVS peut toujours être qualifié comme une personne "à l'avant-poste du cinéma contemporain". Le personnage d'Alex peut se rapprocher de Kurt Robin dans Last Days. Ces héros qui se referment sur eux-même et qui ne laissent plus personne les découvrir et les ouvrir à ce qui les entoure; "une histoire d'errance hébétée, le rapport d'une solitude aux bruits du monde, l'aventure intérieure d'un corps poreux et peuplé".

bande-annonce

fiche imbd 

 

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