17.09.2008
"Entre les murs" de Laurent Cantet
Entre les murs de Laurent Cantet est le film coup de coeur du jury de Cannes de cette année d'où la Palme d'or. Celui-ci est librement inspiré du roman du même titre de François Bégaudeau. Ce dernier, pour cette occasion, a endossé le rôle principal et participé au scénario. Le livre a un fonction pédagogique mais reste "un roman sans doute autobiographique" puisque son auteur est un professeur de lettres dans un collège ZEP dans le 19ème arrondissement de Paris.
Le livre a pour ainsi dire servi de cadre pour une meilleure reconstitution de "ce langage, [de] cette énergie là" précise Laurent Cantet en désignant les élèves. Contrairement à l'auteur, le réalisateur à préféré favoriser une trame dramatique pour se rapprocher de la fiction même si finalement le film a un grand aspect documentaire. Puis les ateliers d'improvisation avec les élèves, qui ont constitués plus tard la classe, ont permis de forger les différents personnages ainsi que de vérifier en quelque sorte le côté réaliste de ce qui "avait été écrit au préalable, soit de changer littéralement de direction" ajoute L. Cantet. Les dialogues finaux sont donc un mélange entre les situations rapportées par François Bégaudeau dans son ouvrage, des comportements observés en ateliers et l'improvisation à laquelle les élèves ont été confrontés pendant le tournage. François Bégaudeau faisant office d'aiguilleur.
Entre les murs sera probablement dans les semaines à venir comparé au documentaire Être et avoir de Nicolas Philibert. Même si le thème général est semblable, met en avant "l'école publique, laïque et obligatoire" - en profondeur les différences se multiplient. Ce film ne cherche pas à exposer une solution miracle pour transmettre le savoir, on a accès à la réalité brute, "laide ou belle indifféremment" mais toujours fidèle. Entre les murs formule sans cesse des questions mais ne cherche pas à apporter de réponse. L'idéalisation est absente. A l'opposé d'Être et avoir, "ici l'enseignement prend l'allure d'une croisade en faveur de l'intégration par le savoir et la connaissance".
Certaines personnes pensent que ce film après avoir fait beaucoup de bruit permettra au public d'ouvrir les yeux sur une situation peut être ignorée ou du moins sous-estimée jusqu'alors. Sean Penn (Into the wild) retient Entre les murs principalement pour "tous les problèmes que le film met en avant, ces sujets très actuels, dans un monde qui est affamé d'éducation et qui a besoin d'une voix". Marjane Satrapi (Persepolis) pense qu'il y ait "posé la vraie question de la démocratie".
Si l'ambition d'Entre les murs est de choquer alors c'est tout à fait réussi. Durant tout le film, le spectateur troublé est emporté par "l'énergie" de cette classe de manière tellement violente que l'on y retrouve presque certains éléments d'un film d'horreur psychologique.
Ce film mérite d'être vu tout du moins pour acclamer et questionner la décision du jury de Cannes mais également pour se rendre compte d'une situation de haine et d'affrontement emprisonnée entre les quatre murs d'une salle de classe.
En salle le 24 septembre 2008
10:55 Publié dans En salle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : entre les murs, laurent cantet, françois bégaudeau, strasbourg, éducation, cannes 2008, palme d'or
















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