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18.06.2007

Sutta Scupa (Sous pression)

22f483e3289d941073400a22a6d29a1d.jpgSutta Scupa est représenté au TNS/Salle de peinture le samedi 16 juin à 18h30 et 22h00 et le dimanche 17 juin à 14h30 et 19h15. Guiseppe Massa s'est chargé de la conception ainsi que de la mise en scène avec Guiseppe Provinzano et Fabrizio Ferracane.

Cette pièce qui peut se présenter comme En attendant Godot revisité se compose de deux personnages dans la salle d'attente d'une entreprise. Ils patientent... jusqu'à ce que quelqu'un les appelle ce qui n'arrive jamais. Ils finissent par échanger des souvenirs, expliquer leur situation sans toutefois vraiment écouter l'autre. Le dialogue ne se crée jamais tout à fait. On peut penser à un enchaînement de monologues. In extremis, ils finissent par partir en ayant pourtant échangé, juste avant, les même répliques qu'Estragon et Vladimir.

Toute cette pièce se centre sur le jeu des acteurs dont l'un a écrit le texte et l'autre l'a mis en scène. Il n'y a pour ainsi dire pas de décors. La salle ne comporte pas de taps, elle reste nue. Les acteurs disposent comme seul support d'une table, de deux chaises, un jeu de carte et un ballon crevé. Les habits sont très simples et doivent correspondrent au milieu auquel ils correspondent (l'un est maçon, l'autre ouvrier). La musique n'intervient presque jamais, sinon en tant que fond musical pour compléter ce qui se passe sur scène. La pièce est ponctuée de silence à l'opposé du moment où ils se remémorent leur passé. Les mots mitraillent la salle jusqu'à ce que l'autre personnage n'en puisse plus et lui demande d'arrêter.

Leur longue et humiliante attente peut se rapprocher de celle qu'endure Estragon et Vladimir pourtant leurs "cousins siciliens" ont laissé quelques différences. Tout d'abord il faut remarquer l'absence de Pozzo et Lucky dont aucun d'entre eux n'apparaissent dans Sutta Scupa. Dans cette dernière, nos protagonistes restent seuls sur scène. La deuxième grande différence sans laquelle Sutta Scupa aurait presque copié Samuel Beckett: les deux personnages disent à la fin de la pièce chacun "On y va" sans bouger pourtant ils finissent par partir contrairement à Vladimir et Estragon qui restent figés jusqu'à la tombée du rideau.

On aura compris que cette pièce très agréable à regarder par ces silences suivie de cris puis de dialogues sans beaucoup de sens est une sorte d'En attendant Godot à la sicilienne.

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