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06.06.2007
"Paranoid Park" de Gus Van Sant
"Certains ont pu dire de Gus Van Sant, à la sortie en 2002 de Gerry, qu’il s’était perdu. Ceux-là trouveront sans doute aujourd’hui que GVS s’est retrouvé, tant les réminiscences de ses précédents films abondent dans Paranoid Park. Cette histoire d’un jeune skater tuant accidentellement à Portland un agent de sécurité rappelle aussi bien le fait divers d’Éléphant, le road movie fauché de Mala Noche, que les expérimentations de Psychose sur le cadavre d’Hitchcock auxquelles participait déjà le chef opérateur Chris Doyle." (Anthoine Thirion, Cahier du cinéma, mai 2007, p. 17)
"Toute l'intelligence et la sensibilité de Gus Van Sant
consistent à faire de même avec le film, qui est construit comme une toile d'araignée autour de l'infigurable horreur de cet événement. Paranoid Park prend ainsi la forme d'un récit très hétérogène, à la fois déconstruit et vibratile, léger comme une bulle et lourd comme du plomb, vaporeux comme le fantasme et solide comme un corps dont on voudrait en vain s'échapper. Une enquête menée par un policier massif au lycée y voisine avec les acrobaties aériennes des jeunes skateboarders, filmées en super-8 et parfois au ralenti, de même que le silence dans lequel s'emmure toujours plus profondément Alex trouve son contrepoint dans la très riche bande sonore du film, bande à proprement parler mentale et composée notamment d'un nappage musical d'une grande richesse expressive." ( Jacques Mandelbaum, Le monde, 23.05.07)
"Fidèle à son style, Gus Van Sant filme ses personnages en installant une distance avec le réel qui invite le spectateur à s’approcher au plus près du mystère qui les accompagne, à s’interroger sur la nature et les origines d’une cruelle absence de désirs, sur le processus d’un enfermement. D’une brisure irrémédiable." (Arnauld Schwartz, La Croix)
Ce dernier film prouve que GVS peut toujours être qualifié comme une personne "à l'avant-poste du cinéma contemporain". Le personnage d'Alex peut se rapprocher de Kurt Robin dans Last Days. Ces héros qui se referment sur eux-même et qui ne laissent plus personne les découvrir et les ouvrir à ce qui les entoure; "une histoire d'errance hébétée, le rapport d'une solitude aux bruits du monde, l'aventure intérieure d'un corps poreux et peuplé".
20:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Gus Van Sant, Paranoid Park, Mala Noche, Elephant, Last Days
















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